Photographier les diapos

Nous allons donc photographier nos diapos. Il nous faudra bien sûr un appareil photo, à objectifs interchangeables, car l’objectif standard ne conviendra généralement pas. En supplément, il faudra donc un objectif, une source de lumière et un support pour les diapos.

Objectif

Si l’on veut obtenir une qualité comparable à un scanner spécialisé, il faut un objectif dont les qualités principales sont l’absence de distorsion (déformations de l’image), d’aberrations chromatiques (franges colorées) et de vignettage (assom­brissement des bords). Pour éviter tout cela, il vaut mieux qu’il ait une focale fixe : ce ne sera pas un zoom. En revanche, il n’a pas besoin d'avoir une très grande ouverture. Quant à la focale, elle peut aller de 35 (pour un capteur APS-C) à 100 mm. Cette description correspond parfaitement à celle d'un objectif de type « macro ».

Personnellement, je suis resté fidèle depuis l’époque argentique à la même marque, Pentax pour ne pas la nommer, l’intérêt étant que c'est la seule marque, avec Nikon dans une moindre mesure, à avoir conservé une compatibilité presque totale de son matériel depuis une bonne quarantaine d’années. Je n’ai donc pas eu à renouveler tout mon équipement au passage au numérique. Mais j’avoue que, si j'étais parti de zéro en numérique, j'aurais choisi une autre marque, probablement celle que je viens de citer…

Donc, parmi ce matériel de l’ère préhistorique prénumérique, j’ai conservé un objectif 100 mm f/4 macro bellows, dépourvu de bague de mise au point, car prévu pour se monter sur un soufflet à l’aspect très vintage. Avantages : on peut facilement régler son tirage sur une règle graduée, et il a une précieuse bague de diaphragme que ne possèdent plus les objectifs modernes. Inconvénient : sa focale un peu longue qui oblige à utiliser un tube encombrant pour le support de diapo.

Objectif 100 mm sur soufflet

« Reprodia »

Sous cette dénomination de Reprodia existait dans les temps héroïques un accessoire qui permettait justement de rephotographier des diapos. Je m’en suis inspiré pour fabriquer le mien. Remarque : j’ai trouvé il y a peu de temps sur Amazon un dispositif semblable pas trop coûteux, équipé d’un tube muni d’une lentille et d’un passe-vue. Ce dernier était d’une qualité tout-à-fait correcte ; mais la lentille, qui permettait d’obtenir un tube plus court et donc moins encombrant, était au contraire lamentable : distorsion, aberrations, tout y était. Retour à l’expéditeur. Je vous donne quand même la page de référence, mais je vous aurai prévenus.

Constitution du support de diapo

Ce support se compose de quatre éléments :

Vue éclatée du reprodia

  1. Un tube en PCV pour descente d’eau (!)
  2. À une extrémité du tube, une monture de filtre de récupération d’un diamètre adapté à l’objectif est vissée / collée (Araldite ou Uhu Strong and Safe). Il faut choisir les diamètres de tube et de monture les plus proches possible ; pour moi : tube ø 50 pour filtre ø 52. L'écart éventuel est compensé par une couche de polystyrène Evergreen. Le filtre lui-même a été démonté (dévissé), n’étant plus vraiment utile en numérique. Si vous n’avez pas un tel filtre, vous pouvez acheter des bagues d’adaptation vissantes disponibles en de nombreux diamètres.
  3. Un raccord ou manchon pour tube PVC du diamètre convenable, qui pourra coulisser sur le tube pour régler la distance objectif / diapo et l’inclinaison de celle-ci. Il sera muni d’une vis de blocage en position.
  4. Le passe-vue, composé de deux plaques de PVC ou de polystyrène, selon disponibilité, et muni de deux ressorts de maintien en laiton pour moi, mais tout autre métal mince, souple et facile à usiner peut convenir : maillechort, bronze, etc.

L’intérieur du tube principal est recouvert de vinyle adhésif floqué velours noir, pour éviter toute réflexion parasite. Pour la même raison, la face interne du support de diapo est peinte en noir mat.

Vous trouverez le plan coté du passe-vue (4) dans ce document PDF. Notez que la longueur du tube PVC sera à adapter à la focale de l’objectif utilisé.

Il manque à ce montage un passe-vue pour films en bandes qui me permettrait de numériser des négatifs. Même certains films diapositifs dont j’avais plus ou moins raté le développement, et que j’avais pour cette raison laissés en bandes, se sont avérés exploitables en numérique.

Reprodia monté sur appareil