Des lanternes vraiment fonctionnelles

Les lanternes REE époque IV

En 2015, REE a proposé en sachet de six pièces des lanternes époque IV. Comme les lanternes (trop) modernes équipant actuellement la trémie, elles sont munies d’un conduit de lumière. J’ai donc pensé à raison qu’elles étaient interchangeables et j’ai immédiatement sauté sur l’occasion de les remplacer.

Déception : le corps de lanterne est plus court, et ne masque pas le bas du conduit de lumière. Par conséquent, presque toute la lumière passe sous la lanterne ! Et, à cause de la mauvaise conception du conduit (pas de renvoi à 45° à l’extrémité), le peu de lumière arrivant au bout ne se voit pratiquement pas.

Depuis un certain temps, je méditais donc de remplacer ce dispositif par des lanternes équipées d’une LED incorporée. J’avais monté une LED dans une dizaine de lanternes REE, et j’en avais déjà équipé, sans difficulté particulière, un wagon TA60 LS Models, puis une voiture Est Roco et un céréalier Jouef. Je me suis enfin décidé à rééquiper la trémie REE.

Conserver le circuit d’origine ou en faire un nouveau ?

La question s’est posée de conserver ou non le circuit d’origine ; très discret, il permet de circuler à vide ou chargé : il reste invisible. Au prix de la suppression de l’attelage, ce qui empêche de manœuvrer le wagon. Mais, comme on l’a vu précédemment, j’ai ajouté dans la trémie un circuit anti-clignotement à condensateur, caché par un chargement. Donc plus question de circuler à vide !

Autre question : faudrait-il connecter les nouvelles LED à la place des anciennes ? Ces dernières sont vraiment minuscules, et le risque est très grand de les détruire en les dessoudant. Autant garder ce circuit intact pour la remise éventuelle à l’état d’origine.

Toutes ces considérations m’ont amené à supprimer purement et simplement le circuit d’origine et à faire le choix d’un nouveau circuit, implanté dans la trémie, combinant toutes les fonctions voulues, à savoir :

Mise en œuvre

Prise de courant

La solution adoptée par REE, celle des lamelles frottant sur le flanc intérieur des roues, n’est pas très satisfaisante. Outre les mauvais contacts déjà soulignés, il y a d’autres inconvénients, comme le freinage du wagon (accompagné de grincements) et le non-brunissage des roues pour assurer un contact électrique correct avec les rails. La solution qui consiste à utiliser des paliers conducteurs en combinaison avec des demi-essieux à roues non isolées est bien meilleure.

Mais ces wagons n’ont pas de paliers conducteurs ! Qu’à cela ne tienne. J’en ai installé, selon la méthode déjà utilisée pour les frigos Hornby Acho : creusement de la boîte d’essieu avec une fraise sphérique dans la perceuse montée obliquement par rapport à son axe de descente.

Les paliers, légèrement collés, sont ensuite reliés par un brin de fil soudé sur leur épaulement, à l’aide de flux Bergeon, car l’opération faite directement sur place doit être rapide. Des fils souples sont enfin soudés de la même façon pour être ensuite raccordés au circuit de commande. Attention : il faut que ces fils soient très fins, sous peine de frotter sous le châssis du wagon, gênant ainsi le débattement du bogie.

Essieux conducteurs

Il me faut quatre roues non isolées, que je vais prendre sur un autre wagon : pour des raisons esthétiques, elles doivent toutes avoir le même aspect, bruni, contrairement à celles du bogie d’origine ; ces dernières seront montées sur l’autre bogie.

Comme d’habitude, démontage des roues isolées sur deux essieux et des roues non isolées sur deux autres essieux. Remontage des roues isolées sur les axes ayant conservé leurs roues isolées et rééquipement immédiat du wagon donneur.

Tronçonnage des axes restants (longueur d’un demi-axe : 11 mm environ. Remise en place des roues avec un décalage de 0,4 mm par rapport à leur position d’origine (l’épaulement existant sur les axes REE permet de bien se repérer).

Manchonnage par tube adéquat (cartouche de stylo à bille) de longueur 14 mm exactement, qui donnera automatiquement la distance dos à dos des roues de 14,5 mm (± 0,1). Un essieu convenable doit avoir une longueur entre pointes de 23,6 mm (24,4 à l’origine). On peut modifier légèrement cette dernière cote si on constate que la rotation dans le bogie n’est pas libre, ou au contraire s’il y a trop de jeu : cela dépend des paliers utilisés et de leur profondeur de montage. On peut même régler cette profondeur en enfonçant prudemment le palier à chaud (150 °C environ, pas plus !) avec un fer thermorégulé.

Décapage des roues

Les roues utilisées sont brunies, et — selon REE — mauvaises conductrices. Je décape donc leur table de roulement jusqu’à apparition de la matière, qui est du laiton (il y a une couche intermédiaire de cuivre sans doute pour favoriser le traitement chimique). Et comme l’aspect obtenu ne fait pas vraiment sérieux, je tente de re-brunir avec du brunisseur pour laiton, histoire de vérifier si la conduction est correcte. Eh bien, oui, elle l’est !

Installation des lanternes

Normalement, les supports de lanternes sont fixés sur le garde-corps ; mais il n’y en a pas ! Il y a néanmoins un support tout trouvé : c’est le conduit de lumière lui-même. Et comme les lanternes REE sont conçues pour s’enficher dessus, profitons-en ! Elles sont donc collées sur leur conduit (peu enfoncées, à cause de la présence de la LED).

Position des lanternes

Les fils des LED (fils émaillés ø 0,1), torsadés prudemment, car ce n’est pas le moment de les casser à ras de la lanterne, descendent verticalement sur la traverse de tamponne­ment, puis cheminent vers l’extérieur du châssis, maintenus par quelques points de cyanoacrylate. Ils entrent ensuite dans la trémie par le trou déjà percé. Ils sont peints en rouge wagon (approximatif !)

Cheminement des fils

Remarquez qu’il est malheureusement impossible de remonter un timon à élongation, la pièce adéquate étant absente. Ou peut-être un timon Makette KKK1 ?

Circuit de commande et raccordement

Voir le document PDF donnant le schéma et le typon de ce circuit.

Ce circuit a deux bornes d’entrée pour les fils venant du bogie et quatre pour ceux des LED. Ces dernières étant en série, j’aurais pu raccorder deux fils plus en amont, mais je trouve que c’est plus pratique de ramener tous les fils au même endroit. J’ai équipé le circuit du condensateur de 470 µF utilisé auparavant, ce qui donne une autonomie d’éclairage d’une bonne dizaine de secondes !

Circuit de commande

Circuit photographié avant soudage de l’ILS (présent) et du condensateur (non présent, son emplacement étant au centre du circuit). Les fils du bogie arrivent à gauche, et ceux des lanternes partent à droite. La valeur de la résistance R2 (27 kΩ, marquage 273) peut être changée pour modifier la luminosité des LED.

Résultat

Résultat

On peut constater que la lumière traverse les parois des lanternes. En effet, la matière dans laquelle elles sont moulées est blanche ! Si elle avait été noire… C’est ballot, n’est-ce pas ?

Lanternes REE réf. XB-502
11,90 € les 6 — prix 2015
chez jura-modelisme.fr