À la fin des années 1960, lors de la montée en puissance du transport par conteneurs ISO, la SNCF a installé de nombreux terminaux à transcontainers selon la terminologie de l’époque, et par conséquent d’encore plus nombreux portiques de manutention, la plupart fabriqués par l’entreprise méconnue Joseph Paris, qui existe encore, dans le giron du groupe Fayat.

Portique transcontainer

Cliché SNCF.

Il me trottait dans la tête depuis longtemps de reproduire au 1:87e un tel portique. J’avais des photos (personnelles et de La Vie du Rail), mais pas de diagramme, indispensable pour ne pas faire d’erreur grossière sur les dimensions.

Remarque : si jamais j’en arrive à la construction, je n’ai pas du tout l’intention de rendre cet appareil fonctionnel. Ça compliquerait énormément la conception, pour un résultat ayant toutes les chances d’être décevant. En effet, les lois physiques ne se réduisent pas au 1:87e. Par exemple, sur toutes les grues motorisées miniatures que j’ai pu voir, la charge se balance ridiculement vite au bout du câble. On n’y peut rien : c’est la loi du pendule dont la fréquence des oscillations est inversement porportionnelle à la racine carrée de la longueur. Quelle que soit la masse suspendue (dans une certaine limite), la fréquence sera donc √87 ≈ 9,3 fois plus grande en HO ! Un balancement majestueux dans la réalité se traduira par un frétillement de goujon au bout d’une ligne…

La documentation

Sur les conseils d’un membre du forum Loco-Revue, je me suis procuré le no 207 de la revue Voies ferrées, qui traite entre autres de L’histoire de Novatrans, société nouvelle d’exploitation de transports combinés. Y est inclus le diagramme d’un portique Joseph Paris, ainsi que deux photos qui m’ont permis de préciser certains détails. Bien entendu, il peut y avoir des variantes de construction ; d’ailleurs, ce diagramme semble montrer une version plus récente du portique. C’est pourquoi je vais m’attacher davantage à la cohérence de l’ensemble qu’à des détails particuliers.

Diagramme du portique Joseph Paris

Ce diagramme est présenté en basse résolution, comme d’habitude, pour ne pas contrevenir aux droits de reproduction.

Diagramme du Portique Joseph Paris

Sur le scan que j’en ai fait en grand format, j’ai adapté la résolution pour pouvoir y faire des mesures directement en centimètres à l’échelle 1:1 — mon logiciel de dessin bitmap (Paint.net) ne permet pas de mesurer en millimètres. J’ai dû modifier légèrement le rapport largeur / hauteur pour avoir la même échelle dans les deux dimensions. Malgré cela, les cotes relevées ne sont pas toujours exactes, ce qui n’a rien de surprenant pour un dessin d’ensemble. Il y a aussi des différences de forme, comme par exemple les barres de liaison des jambes, à quatre renforts au lieu de cinq, les poutres supérieures, aux extrémités inclinées au lieu d’être à pans coupés, la cabine et les capots des chariots (voir encadrés).

Il faudra donc souvent interpréter les formes et les cotes grâce aux photos, à l’aide d’un peu de géométrie.

Quelques photos

Portique en construction dans le port de Dunkerque (collection personnelle). Ce document permet de voir des détails qui sont masqués lorsque l’appareil est en état de marche. Voir aussi dans la rubrique Photos de matériel.

Portique Dunkerque

Le pied de droite est maintenu vertical par une grue. Celui de gauche est attaché d’une part à un poteau de la ligne d’alimentation triphasée, et, de l’autre, au sol par un hauban.

Transcontainer en cours de chargement au Havre :

Portique Le Havre

Cliché Louis Pilloux dans La Vie du Rail no 1193.

Portique de Maisons-Alfort en cours de manutention d’une semi-remorque, à l’aide des pinces intégrées au spreader.

Portique Maisons-Alfort

Cliché Novatrans dans Voies ferrées no 207.

Cette dernière photo montre entre autres des détails d’un bogie, avec ses dispositifs de sécurité, passive ou active (interrupteur de fin de course). Le spreader ne semble pas capable de manutentionner des conteneurs ISO (aucun verrou de pièce de coin n’est visible sur le châssis).

Pourtant, cette entreprise gagne à être connue,
vu ses réalisations grandioses dans le domaine
de la construction métallique.

Pour info, sur mon scan, la résolution correspondante
est de six pixels par pouce.