Opérations sur la caisse

Le travail sur la caisse est le plus délicat. Pour travailler avec une précision suffisante, je fabrique un support d’usinage en bois (je suis revenu du contreplaqué, du moins celui des grandes surfaces, dont la qualité laisse pour le moins à désirer).

Ce montage se compose de deux pièces principales, séparables. La première, que j’appelle le noyau, vient s’insérer à l’intérieur de la caisse avec le moins de jeu possible. Ses dimensions sont : 220 × 29,5. La hauteur est moins critique. Il faut néanmoins qu’elle soit suffisante pour que la caisse ne touche pas la deuxième pièce.

Cette deuxième pièce, fixée perpendiculairement à la première, sert à maintenir l’ensemble dans l’étau de la fraiseuse. Si ses dimensions demandent moins de précision, elle doit cependant être montée parfaitement alignée avec le noyau. Le mieux est de fraiser son côté inférieur après sa fixation au noyau.

Montage d’usinage

On voit que j’ai dû compenser une trop forte diminution de largeur et de longueur en ajoutant une couche de carton !

Le noyau sert aussi à maintenir le châssis pour son usinage, avec deux vis à bois passant par les trous de pivots.

Arasement des reliefs

Je suppose que beaucoup d’amateurs feraient cette opération avec un scalpel. Je ne suis pas très adroit en la matière. Je préfère donc fraiser, en laissant un très léger excédent de matière qui sera enlevé par ponçage.

Comme le support n’est pas parfaitement horizontal, malgré le soin mis à sa fabrication, je refais le zéro de la fraiseuse pour chaque relief à supprimer.

Cet usinage concerne les câblots de chauffage, les mains montoires et les plaques « Inscriptions », « Étiquettes » et « Fourgon interdit aux voyageurs ».

Feuillure pour l’encastrement des vitres

J’expérimente une technique certes longue, mais que j’espère efficace, qui consiste à pratiquer tout autour des encadrements de baies une feuillure d’environ 1,5 dixième de millimètre de large sur 0,5 mm de profondeur, avec une fraise ø 1. En voici le principe :

Feuillure pour vitres

La découpe des vitres nécessite une certaine précision, mais quand même moindre qu’en essayant de les faire tenir dans le cadre laissé tel quel. Et, comme elles ne subissent aucune contrainte, elles resteront parfaitement planes.

Le déplacement de la fraise se fait non en mesurant les distances, ce qui serait assez illusoire, mais à l’oreille ! Lorsque j’entends la fraise affleurer la matière, je considère que le zéro est atteint. Il m’est cependant arrivé de partir trop loin et d’entailler le cadre. J’ai bouché ces « dérapages » avec du rond Evergreen ø 1 retaillé sur place.

Fraisage de la feuillure

Perçages pour mains montoires

Ces perçages sont réalisés au diamètre 0,5 mm, pour recevoir des fils d’acier ø 0,35. Ils sont pratiqués à la suite des feuillures, sur la fraiseuse, ce qui permet de respecter un entraxe bien déterminé : 11,5 mm pour les extrémités et 8,5 pour les portes « chef de train ».

Mise en retrait des intercommunications

Le plus délicat est de découper les portes. Par rapport aux futurs bourrelets UIC (des Roco récupérés sur une voiture UIC), la découpe doit être de 22 mm en hauteur × 13,5 en largeur. J’ai utilisé un disque scie mince. Les découpes verticales sont finies à la bocfil. Quant à la découpe horizontale, elle est finie au couteau X-Acto. Ensuite, les bords sont rectifiés à la lime pour obtenir une largeur de découpe d’environ 0,5 mm, qui sera utilisée pour les parois en Evergreen.

Le retrait est basé non sur la valeur réelle, mais sur la plateforme des bourrelets Roco (voir plus loin). Il est de 3,5 mm. Un « caisson » en Evergreen de 0,5 mm est donc collé autour de la porte. Ensuite, l’ensemble est collé dans l’ouverture du dossier de caisse. Ce qui reste des trous de fixation des anciens bourrelets est bouché avec des morceaux d’Evergreen ép. 0,5.

Voici un aperçu de quelques-unes des opérations réalisées :

Modifications sur la caisse

  1. Plaques arasées
  2. Cales de portée en deux points
  3. Mains montoires arasées
  4. Entourage de feux diminués (reste environ 0,5 mm) et alésé à ø 3
  5. Intercirculations en retrait, anciens trous de fixation des bourrelets bouchés
  6. Fraisage des traverses de tamponnement
  7. Renforcement et réparation des boisseaux de tampons

Cales support de châssis

Ces cales (1), situées à l’intérieur de la caisse, ont pour but de maintenir le châssis à la hauteur correcte. Elles sont placées à 6,2 mm du bord inférieur de la caisse et collées à la cyano gel. La distance est réglée grâce à un petit outil (3) très simple, composé de deux lames d’Evergreen ép. 0,5, décalées de la distance voulue.

Des clips biseautés (2) sont collés, positionnés par rapport au châssis mis en place provisoirement. Ce dernier a été protégé d’éventuels débordements de colle par des morceaux de ruban adhésif.

Cales et clips de caisse

Le châssis sera ainsi maintenu de façon simple mais efficace entre les cales (1) et les clips (2).

Bourrelets UIC

Les bourrelets Jouef d’origine sont par trop hors cotes. Je récupère ceux d’une UIC-Y Roco. J’ai choisi un modèle dont la passerelle est fixe. Une passerelle mobile est de toute façon inutile : lorsque la voiture est dételée, la passerelle est visible et verticale ; si la voiture est attelée, elle est invisible et peut donc rester verticale !

La fixation d’origine par tenons rectangulaires ne convient pas ; ces tenons sont arasés. Une nouvelle fixation par tenons cylindriques tirés d’un rond Evergreen est prévue. Pour un positionnement correct, il faut prévoir un gabarit de perçage, tant pour les bourrelets que pour la caisse du fourgon.

Ce gabarit se compose d’une plaquette d’époxy ép. 0,8 (mais 1,6 convient aussi) où seront pratiqués les perçages ø 1 correspondant aux tenons, et de deux pla­quettes en polystyrène ou autre, de part et d’autre de la première, pour centrer le gabarit sur les bourrelets et sur la caisse.

Gabarit de perçage des bourrelets

Voici l’emploi de ce ga­barit, côté dossiers :

Perçages pour fixation des bourrelets

… et côté bourrelets. La butée de la perceuse est réglée pour ne pas traverser :

Perçages pour fixation des bourrelets

Une fois tous les trous percés à ø 1, ils sont repris avec un mandrin à main, ceux des bourre­lets à ø 1,1, ceux de la caisse à ø 1,2 ou 1,3, de façon à faciliter le posi­tionnement des tenons en rond Evergreen ø 1. Ceux-ci sont collés sur les bourrelets.

Tenons sur bourrelets

Ponçage de la caisse

Le ponçage est fait avec du papier abrasif à l’eau, de grains successifs 400, 600 et 1000. Les zones à traiter en particulier sont celles qui ont été fraisées, et le toit où se trouve un joint de moulage peu discret ainsi qu’un reste de carotte d’injec­tion, au beau milieu.

Mains montoires

Les mains montoires sont collées à la cyano liquide avant la mise en peinture. En effet, je crois, mais sans certitude, que ces mains montoires étaient peintes de la même couleur que la caisse, et non d’aspect brillant comme sur les voitures. En tout cas, sur les photos, elles paraissent bien discrètes.