Le problème de la hauteur

La voiture réelle a une hauteur de 3 940 mm, soit 45,3 mm au 1:87. On s’aperçoit qu’il manque au modèle REE presque 1 mm en hauteur au pavillon : le modèle fait 44,4 mm. Au niveau des attelages et des tampons, le châssis est trop bas d’environ 0,5 mm par rapport à la norme NEM 303 — il est en fait à la limite inférieure de la norme — ce qui est sans doute plus gênant pour le fonctionnement que le manque de hauteur totale. Et, de fait, l’attelage a tendance à se décrocher, d’autant plus qu’il penche vers le bas (le boîtier NEM a une paroi inférieure réduite, ce qui n’arrange pas le maintien de la tête).

Curieusement, sur certain forum, beaucoup s’accordent pour dire que ce sont les DEV AO d’une marque concurrente qui sont trop hautes. Celles-ci ont certes de nombreux défauts, dont leur prix, mais leur hauteur est quasi correcte (45,5 pour 45,3 à l’échelle).

Vous me direz, pas de problème, il suffit de mettre des rondelles de 0,5 mm sur les pivots… Que nenni, ce serait trop simple ! REE a prévu des articulations de type rotule sphérique pour les pivots, comme pour ses citernes à bogies. Ce choix est certes sophistiqué, mais gênant pour notre problème : vous avez des rondelles en forme de cuvette sphérique, vous ?

Bien entendu, il y a d’un côté des bossages pour avoir une portée en deux points. Ils ont cependant le défaut de relever (très légèrement) le châssis de leur côté. Noter que de ce côté, la rotule est strictement inutile, puisqu’elle ne porte pas !

Une — à moitié bonne — solution

Côté bossages, ce n’est pas bien compliqué : il suffit de coller des cales de 0,5 mm sur les bogies, à l’emplacement des portées.

Côté opposé, il faut trouver une solution qui conserve autant que possible la portée en 1 point, c’est-à-dire qui permette une rotation de la caisse dans l’axe longitudinal (roulis).

Il faut d’abord déterminer quel doit être l’espacement entre châssis de caisse et châssis de bogie. Par essais successifs, j’ai trouvé une valeur de 3,5 mm.

J’ai fabriqué des cales rectangulaires en carte plastique ép. 1 mm, largeur maximale 6,8 mm (c’est l’espace entre les deux longerons intérieurs de bogie), hauteur 3,5 mm donc. Le côté supérieur est arrondi pour permettre le roulis. En revanche, cette disposition gêne la liberté du bogie en tangage ; la solution la plus satisfaisante serait de découper le pivot à rotule côté châssis et de l’épaissir. Bonjour le boulot ! En fait, pas tant que ça : voir plus bas.

Cotes cale verticale

Cales de rehausse

Il y a un autre inconvénient à cette solution : il n’y a plus de limitation en pivotement du bogie, car la butée dont c’est le rôle est maintenant trop courte.

Voici ce que cela donne face à une voiture postale de LS Models qui, elle, a une hauteur conforme à 0,2 mm près. Les soufflets sont pratiquement à la même hauteur, ainsi que les tampons et les têtes d’attelage. Pour ces dernières, le décalage restant est dû au fait que le boîtier NEM est incliné vers le bas chez REE, et vers le haut chez LSM ! Il reste malheureusement un espace d’un bon millimètre entre soufflets.

Tamponnement et attelage

Selon la norme, le retrait du boîtier NEM par rapport au soufflet doit être de 7,5 mm. Sur la voiture LSM, il est de 7,8 mm, alors qu’il est de 7,0 mm seulement sur la REE. Je ne comprends pas très bien pourquoi REE a fourni des têtes prétendument longues en supplément, alors que ses têtes dites courtes ne le sont pas assez, et qu’un attelage un peu serré aurait pu se faire grâce aux tampons à ressorts !

Quelqu’un a indiqué sur le forum Loco Revue qu’après avoir raccourci les timons, il avait constaté un mariage de tampons au franchissement d’une courbe suivie d’une contre-courbe (aiguillages). Il faudrait essayer en bloquant les tampons en retrait du plan des soufflets.

Deux ans après : la (meilleure) solution

Dans certains cas, il y a des déraillements dus au moins en partie à la pseudo portée en un point. De plus, comme déjà vu, cette cale pourrait s’avérer gênante sur l’amorce d’une rampe. Je vais donc essayer de maintenir la rotule actuelle, mais en la rehaussant. Ce qui me faisait hésiter, c’est qu’il faut couper à ras du châssis, avec des risques de détérioration des reliefs.

Or j’ai constaté que le sciage était possible avec une lame de scie circulaire, à condition que la tête de vis de fixation de la lame ne fasse pas plus de 1 mm de haut. J’ai donc meulé cette tête. Autre condition : le disque doit avoir un diamètre inférieur à 20 mm, et être le plus mince possible (le mien fait 1/10 mm). Enfin, il faut opérer à faible vitesse pour éviter de faire fondre le plastique.

Découpe du pivot à rotule

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La cale de rehausse doit avoir une épaisseur d’environ 0,75 mm. Elle sera en poly­styrène pour être collée à la colle à maquettes. En effet, vue la méthode que l’on va voir ci-dessous, je veux éviter la cyanoacrylate ou l’époxy, qui seraient pourtant plus résistantes, mais qui risqueraient de bloquer le montage.

La cale est donc découpée dans une carte Evergreen de 0,75 mm, à l’emporte-pièce ø 4,5 mm, puis percée en son centre au diamètre 1,6 mm. Un tube de laiton (ou tout autre rond métallique) ø 1,5 mm est monté dans le mandrin de la mini-perceuse. La voiture est installée dans l’étau. La position du tube est ajustée avec la table XY pour être exactement au-dessus du trou du pivot.

Pièces du pivot avec cale d’épaisseur

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La rotule est enfilée sur le tube laiton, encollée, puis la cale la rejoint, elle-même encollée, et l’ensemble est descendu en appui sur le châssis. La mini-perceuse est bloquée en position (voir améliorations du support) le temps de laisser sécher la colle. Cette méthode permet d’obtenir le meilleur alignement possible pour les pièces assemblées.

Collage du pivot

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Le bogie peut ensuite être remonté (non sans avoir coupé l’ancienne cale — celle de la pas trop bonne solution — en ce qui me concerne), sans trop serrer la vis de peur de décoller la rotule.

J’ai profité de cette intervention pour raccourcir les boîtiers de timons de 0,5 mm, de façon à les rendre conformes à la NEM concernant la distance boîtier-tampons/soufflets.

Pour maintenir les têtes d’attelage dans leur nouvelle position, j’ai percé horizontalement à travers le boîtier NEM et la queue d’attelage au diamètre 0,6, et inséré une petite goupille en maillechort. Pourquoi horizontalement ? Parce que le boîtier NEM REE a des parois haute et basse qui ne sont pas en face l’une de l’autre, comme on peut le voir sur cette photo, et qu’il était donc impossible d’y faire tenir correctement une goupille.

Boîtier NEM raccourci

J’ai enfin collé les tampons dans le plan des soufflets, pour éviter les mariages de tampons souvent constatés.

Test du fonctionnement

Effectué sur mon circuit d’essai Fleischmann aux courbes improbables (Rmin = 356 mm). Rame d’essai : les deux voitures DEV en tête d’un convoi composé en plus d’une Vru LS Models et de quatre USI Heris très freineuses dans ces courbes serrées. Constatation : ça passe à l’exception d’une configuration, en pousse, pour laquelle un bogie déraille. Mais je soupçonne les fils de liaison de l’éclairage (voir page 4), mal remis en place et qui s’opposent quelque peu à la libre rotation.

Il va donc falloir que je rectifie le parcours de ces fils avant leur entrée dans la caisse.

Résultat visuel

Voici une photo d’une DEV attelée à la voiture-restaurant ex-CIWL 3345 de LS Models. Il y a encore un léger jour entre les soufflets, mais les hauteurs sont parfaitement compatibles. La hauteur des attelages, en revanche, ne l’est pas !

Tamponnement et attelage avec restaurant CIWL

Pince emporte-pièce
pour trous ø 2,0 à 4,5 mm
chez leroymerlin.fr